Demandes et recherches soutenues par vos dons

Soutien à la recherche!

Serge Picaud, Directeur de recherche à l'INSERM

Imager à haute-définition sur une rétine entière est le rêve des chercheurs de l’Institut de la vision. Récemment, une technique de transparisation des tissus a permis la réalisation de ce rêve en rendant tous les tissus et notamment la rétine transparente. L’avantage est de pouvoir localiser des protéines de part et d’autre de la rétine sans avoir à le couper en tranches. Il devient possible de visualiser l’ensemble du réseau vasculaire ou l’inflammation dans toute l’épaisseur de la rétine. Cependant, la résolution restait limitée. C’est pourquoi, les chercheurs ont mis en place une autre technique pour grossir la rétine dans toutes les directions et donc aussi l’épaisseur. Pour bénéficier pleinement de cette nouvelle technologie (Expansion+Transparisation), la plateforme d’imagerie de l’Institut de la Vision propose l’achat d’un objectif nouveau présentant la plus grande distance de travail possible. Cela signifie qu’il peut être focaliser dans toute l’épaisseur d’une rétine même après cette technique novatrice d’expansion des tissus. L'appareil de marque Olympus est disponible au tarif de 10 445,60 € après remise.


Philippe Brabet, Chargé de recherche à l'INSERM; Isabelle Meunier, Professeure CHRU de Montpellier; Vasiliki Kalatzis, Chargé de recherche à l'INSERM

La maladie de Stargardt est la cause la plus fréquente de maculopathie(c’est-à-dire une dégénérescence de la rétine centrale due à une perte prédominante de photorécepteurs de type cônes) avec une prévalence de 1 individu atteint sur 10 000. Elle est due à des mutations dans le gène ABCA4. Il y a également d’autres formes de dégénérescence cône-bâtonnet associées à des mutations dans le gène ABCA4. A ce jour, il n’y a aucun traitement. Le groupe de Philippe Brabet, au sein de l’équipe Vision à l’institut des Neurosciences de Montpellier, travaille sur le développement d’une chimie médicinale qui comprend la synthèse de molécules originales (appelées lipophénols). Leurs travaux antérieurs ont montré le potentiel de ces molécules à agir contre le stress cellulaire (carbonyle et oxydant) pour traiter des maculopathies. Le groupe de Vasiliki Kalatzis, au sein de cette même équipe, génère des modèles rétiniens humains afin de développer des thérapies innovantes (telles que la thérapie génique). En utilisant des cellules de peau de patients (prélevées par le Pr Isabelle Meunierau Centre de Référence Maolya), en les reprogrammant en cellules souches, qui sont ensuite différenciées en cellules rétiniennes, ce groupe génère des modèles humains reproduisant la maladie. Ces deux groupes proposent de mettre ensemble leur expertise complémentaire afin de mieux comprendre et de mettre au point des thérapies pour la maladie de Stargardt.

Les principaux objectifs sont les suivants :

1. Générer des cellules souches pluripotentes induites (iPSC) à partir de cellules de peau de patients porteurs de mutation ABCA4tels que : i) de patients Stargardtde sévérité différente (jeune âge d’apparition le plus fréquent ou adultes avec une forme plus modérée) et ii)de patients avec une dystrophie cône-bâtonnet. Ces cellules souches seront ensuitedifférenciées en épithélium pigmentaire rétinien d‘une part et en organoïdes rétiniens contenant des photorécepteurs d’autre part.

2. Etudier la différentiation et maturation des photorécepteurs au sein des organoïdes afin de comprendre la relationentre la mutation ABCA4et la forme clinique associée.

3. Utiliserl’épithélium pigmentaire rétiniendérivé des cellules souches de patients afin d’évaluer le fonctionnement du cycle visuel (qui est perturbé par des mutations dans le gène ABCA4) et évaluer le stress induit dans ces cellules de patients. 4. Tester l’efficacité des lipophénolscontre ces états de stress cellulaire dans l’épithélium pigmentaire et les organoïdes. 5. Utiliser les organoïdes rétiniens afin de tester des approches innovantes de thérapie géniqueciblant les photorécepteurs.


Budget associé au projet :

Culture biopsie 465 € / lignée

Reprogrammation en cellules souches 2340 € / lignée

Différentiation en épithélium pigmentaire 3000 € / lignée

Différentiation en organoïdes 2090 € / lignée

Biochimie du cycle visuel 1200 € / lignée

Pharmacologie des lipophénols 1130 € / lignée

Total : 10225 € / lignée 30675 € / 3 ignées


Christelle MONVILLE, l'Istem, laboratoire dédié aux cellules souches

À l’attention de Mme Arielle Dumas, Présidente de l’association IRRP,

Chère Madame, Je me permets de vous solliciter afin d’obtenir une aide financière de la part de l’IRRP, pour un programme de recherche visant à la mise en place d’un modèle de culture 3D des cellules de l’épithélium rétinien avec des cellules vasculaires. Grâce aussi à votre soutien, notre laboratoire (dirigé par le Professeur Christelle MONVILLE) a déjà développé un patch cellulaire contenant les cellules de l’épithélium pigmenté rétinien (ERP) dérivé de cellules souches embryonnaires humaines posées sur une membrane amniotique. Un essai clinique de phase I/II est en cours sur des patients atteints de rétinite pigmentaire porteurs de mutations MERTK, LRAT et RPE65. Deux patients ont déjà été transplantés avec succès et 10 autres le seront l’année prochaine. La rétine est un tissu constitué de couches de différents types cellulaires dont la couche des photorécepteurs et la couche de l’épithélium pigmenter rétinien (EPR). Les cellules de l’EPR sont en contact avec la choroïde, une couche très vascularisée responsable des échanges des substances nutritives et d’oxygène entre la circulation sanguine et les cellules de la rétine. (Ci-dessous une représentation schématique 3D de la couche de l’épithélium rétinien et des vaisseaux de la choroïde). L’interaction anatomique et fonctionnelle des différentes couches cellulaires sont responsables du bon fonctionnement de la rétine.

Dans les pathologies rétiniennes, comme la Rétinite Pigmentaire (RP) et la Dégénérescence Maculaires liées à l’Age (DMLA), la dégénérescence d’une de ces couches entraine celle des autres. Ces dernières années, les recherches se sont focalisées sur l’étude de l’interaction des cellules EPR et les vaisseaux sanguins de la choroïde (barrière) afin de mieux comprendre l’évolution des maladies rétiniennes dans un système de culture 3D in vitro. Notre projet s’installe dans la continuité de notre essai de thérapie cellulaire. Nous sommes plus particulièrement intéressés à développer un modèle de culture 3D de cellules EPR et de cellules vasculaires de la choroïde dérivé de cellules souches pluripotentes qui devrait nous permettre de mimer la fonctionnalité de la couche plus externe de la rétine. Tout d’abord, nous développerons un protocole de différentiation cellulaire qui nous permettra d’obtenir des cellules vasculaires de la choroïde à partir des cellules souches pluripotentes. Ensuite, nous testerons les conditions plus appropriées pour la mise en culture de ces cellules sur la membrane amniotique en présence de l’épithélium rétinien, lui aussi dérivé de cellules souches pluripotentes. Notre modèle devrait nous permettre de mieux comprendre les interactions de l’épithélium rétinien avec les vaisseaux de la choroïde et leur implication dans les maladies de la rétine. Par ailleurs, par l’utilisation des cellules de l’épithélium rétinien, porteur d’une mutation, nous pourrons créer un modèle pathologique 3D susceptible d’être utilisé afin d’identifier des composés pharmacologiques pour le traitement de la pathologie étudiée. Nous sollicitons un soutien de l’ordre de 10 000 euros qui nous permettrait la mise en place des premières expériences du protocole de différentiation des cellules vasculaires de la choroïde à partir de cellules souches pluripotentes. Ces cellules seront ensuite mises en culture sur la membrane amniotique avec les cellules de l’épithélium rétinien. Votre apport financier nous permettrait par ailleurs de caractériser ce modèle 3D avec les techniques des immunofluorescences et de biologie moléculaire.

Dans l’attente de votre délibération quant au financement de ce projet de recherche, je vous prie d’accepter mes salutations distinguées,

Bien cordialement, Christelle MONVILLE, PhD